Retour sur la cérémonie à huis clos du 8 mai 2020

Actualité du 08/05/2020

Cette année, la cérémonie de l'armistice du 8 mai 1945 a revêtu un caractère très particulier en raison des mesures sanitaires en vigueur. Le Maire, Thierry Lagneau, a ainsi organisé une cérémonie confidentielle et a tenu à s'exprimer ici :

"Traditionnellement, la cérémonie commémorative de la Libération associe toutes les générations. Ainsi, chaque année, devant le monument aux morts de la ville, en présence d’un public nombreux, le devoir de mémoire prend toute sa dimension historique.
Cette année, confinement oblige, les cérémonies du 8 mai ont dû être hélas organisées à huis clos. Sur tout le territoire national et donc à Sorgues également où une commémoration a eu lieu ce matin en comité extrêmement restreint.

Après concertation avec les représentants du monde des anciens combattants, seuls étaient présents René Tallérida, président du Comité de liaison qui regroupe toutes les associations patriotiques locales, Emmanuelle Roca porte-drapeau du Comité de liaison, Dominique Desfour, adjoint délégué à la sécurité et correspondant défense et moi-même donc.

La victoire du 8 mai célébrant la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie a donc été commémorée sans public et avec deux dépôts de gerbes seulement. De quoi faire naître, je dois l’avouer, un sentiment étrange dans un contexte un peu surréaliste mais nécessaire eu égard aux contraintes sanitaires qu’exige la situation liée au Coronavirus. Quoi qu’il en soit, aussi confinée fut elle, cette cérémonie ne pouvait pas ne pas avoir lieu afin de rendre hommage, pour le moins symboliquement, aux combattants, aux victimes et aux héros de la liberté.

Depuis 75 ans maintenant, la France célèbre chaque année et sans interruption, la victoire de tous ceux qui, pour reprendre le mot juste de Stéphane Hessel, « se sont indignés » de l’occupation allemande avant d’entrer en résistance jusqu’à ce 8 mai si emblématique. Le 8 mai 1945, l’Europe se libérait du totalitarisme et du fascisme, de la haine raciale et de la xénophobie érigés en norme. Le 8 mai 1945, la France se libérait aussi du régime vichyssois qui avait voulu faire croire que le déshonneur trouvait naturellement sa justification dans la protection des populations. C’est grâce à la mobilisation de notre peuple et de ses alliés, grâce au courage de toutes celles et tous ceux qui firent le choix de la résistance, souvent au péril de leurs vies, que le vent de la liberté a pu souffler sur toute l’Europe où naîtra l’espoir de l’avènement d’un monde meilleur.

En affirmant le 16 mars 2020 que la France était en Guerre contre le Covid 19, le chef de l’état nous renvoie immanquablement « au voyage au bout de la nuit » de Louis-Ferdinand Céline évoquant la guerre et la maladie, ces « deux infinis du cauchemar ». Qu’elle se fasse contre un ennemi ou contre un virus invisible, la guerre produit toujours, hélas, des victimes. Mais gardons-nous bien de toute comparaison maladroite. Si, comme beaucoup d’autres, notre pays est en capacité de limiter les conséquences de la pandémie grâce à un confinement jamais encore imposé, c’est bien parce que nous sommes en paix. Une paix qui nous prive partiellement de liberté certes mais cette privation est provisoire, voulue et dictée par la sagesse et le bon sens pour préserver des dizaines de milliers de vies et ne pas faire exploser les services hospitaliers d’urgence. Aussi, restons à l’abri de tout parallèle. La mémoire enseigne que la démocratie, à l’inverse des privilèges, se mérite.

Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie capitulait, sans condition, après quasiment six années de combats et de barbarie qui coûtèrent la vie à plus de 60 millions de personnes. Le 8 mai 1945, après toutes ces années de sang, de misère et de pleurs, le vent de la liberté a soufflé sur notre pays.

Au prix de combien de sacrifices certes mais comme l’exprimait alors ce jour-là le général de Gaulle  : « pas un effort de ces soldats, pas un acte de courage ou d’abnégation, pas une souffrance, pas un deuil, pas un sacrifice, pas une larme, n’auront donc été perdus ». Ce fut le prix à payer d’une liberté qu’il nous est toujours donnée de savourer grâce à tous ces hommes qui ont combattu au péril de leurs vies en tant que soldats dans l’armée française comme dans les armées alliées ainsi qu’à toutes ces femmes et tous ces hommes qui se sont soulevés. Malgré les risques encourus, avec des convictions fortes et un courage extraordinaire, ils ont défendu les valeurs dont notre pays doit à jamais rester fidèle et qui représentent la devise de la République Française : liberté, égalité, fraternité.

Vive la mémoire du 8 mai 1945, vive la France."